Driss Sans-Arcidet Lacourt
Concessionnaire since 1960

maison mère

Né en 1960 à Toulouse, Driss Sans-Arcidet-Lacourt dit le Musée Khômbol vit et travaille à Caen. Il a été représenté par la Galerie Dupont et Charles Carthwright. Après des études en psychologie à l’Université d'Aix-Marseille, de philosophie à l’Université du Mirail puis aux Beaux-arts de Toulouse, il se consacre entièrement à son activité de plasticien depuis plus de 20 ans. Driss Sans-Arcidet-Lacourt développe un travail utilisant des objets, des outils ou des méthodes aussi bien issus du quotidien que du domaine de recherches scientifiques, de la littérature ou du cinéma. Son œuvre prolifique tiré d’archive ou de l’imaginaire explore notre relation au réel. Il a notamment exposé à New York, en Lituanie, à Honolulu, à Paris, à la première biennale de Lyon intitulé « l’Amour de l’Art » aux côtés de Arman, Cesar, Pierre Soulages, Erik Dietman, mais aussi Fabrice Hybert, Philippe Parreno, Sophie Calle.

Il y a tout ce qui m’intéresse. Tout ce qui m’échappe : 

- Des doutes admirables, des échecs séduisants,
des certitudes à éffriter 
... et de l’inexplicable bien-sûr ! Alors je créé des collections. 

Pour tout ça, faut beaucoup de vocabulaire et malmener la syntaxe.


« Je sépare ce qui est lié et je lis ce qui est séparé. Mon travail se préoccupe de l'histoire, des histoires, de l'HISTOIRE. De la vie, des connaissances, de leur vulgarisation, de leur interprétation. Je m'appuie sur des lectures de vulgarisation et pour mes pratiques de l'acquisition de techniques pour y parvenir : j'ai appris à coudre chez un tailleur pour homme pour un long travail sur la sexualité et la vêture; j'ai appris à souder pour réaliser la commande publique de la mairie de Paris sur l'abolition de l'esclavage ; j'ai passé du temps avec les techniciens du déminage pour comprendre le fonctionnement des munitions de guerre, la liste est longue. Apprendre du russe, du polonais, du lituanien pour des séjours dans certains pays de l'Est., me familiariser avec la chasse à la baleine pour un long travail sur le Moby Dick de Melville… Il s'agit d'acquérir des rudiments, des « niches de connaissance » pour réussir à détourner ou mettre en valeur certains sujets. Il s'agit aussi de mettre en avant les mécanismes de l'ignorance, ses monstruosités, son caractère enfantin et déroutant, la mauvaise foi, le mensonge, la propagande également, car ce sont des éléments de pouvoir indissociable de l'histoire humaine. Je citerai les recherches sur le débarquement et particulièrement sur les victimes civiles en Normandie, recherches utiles pour créer des scénographies soucieuses de réalisme et de vérité pour divers musées autour de l'opération Overlord. Une partie de mon travail est profondément littéraire : écriture, rédaction d'histoires et de textes. L'Histoire, la sociologie, l'ethnologie, la littérature, sont des outils pour mon travail plastique. Savoir où je suis pour savoir ce que je fais. Je suis BOUVARD et PECUCHET.»

Musée : fige un moment, un etat des connaissances ordonne et classe. L'état de ce qu'on comprend du monde. C'est du tangible qu'on pourrait résumer par : CROIRE c'est VOIR et VOIR c'est CROIRE là dedans il y a les étiquettes, les certificats, les tampons. C'est là ou je me déploie : j'embrouille, je ruse , je rature.j'instrumentalise. Il ne faudrait pas coire qu'il s'agisse là d'une attitude artistique, c'est seulement un reflet du réel. Comment ne pas imaginer la tentation d'orienter la connaissance pour la politique, les ambitions universitaires et l'attrait pour la célébrité ? Alors je me fais un malin plaisir de créer des étiquettes contradictoires pour un même objets, de superposer, de caviarder de noircir le reel pour de sombres desseins personnels. Beaucoup de tampons, pour toute occasion, à l'ancienne car ça fait plus vrai, rien de numérique : uniquement sur papier… Beaucoup de notes de courriers administratifs, rageurs,peremptoires,inexplicables toujours contrariant une note precedente… C'est ça l'administration du Musée Khômbol:la dupperie au service de tous . Ce doit être sûrement politique.

Les mots : le vocabulaire, les mots la construction des phrases, l'edification de la pensée. J'ecris partout, sur tout. Maximes ressemblant à la morale scolaire de la Troisième république, injonctions interdictions, reglements, mode d'emploi. Puis aussi DES RECITS avec des personnages évoluant dans un monde brouillé, falsifié, racontant eux même des histoires, difficiles à croire. En français émaillés de mots en russe en roumain, en polonais jamais rien d'autobiographique : et que diable pourrais je dire de ma vie succeptible d'eveiller l'interet d'un autre ? Rien j'explique le monde ; et croyez moi ,mes raisonnements valent bien ceux des experts du reel. Les textes sont souvent repris il y a donc DES RATURES inévitables, non dissimulées, mises en avant parfois. Et parfois seulement des ratures qui ont oblitéré la totalité du texte